Afrique : Comment les réseaux sociaux ont amplifié la propagande religieuse

L’avènement des réseaux sociaux a profondément changé les modes de vie. Que ce soit Facebook, WhatsApp ou encore applications populaires, des messages à caractères religieux inondent la toile. Vue de près, le problème semble prendre racine en Afrique. De jour comme de nuit, toutes les religions ou presque mettent le cap sur Internet histoire de  faire véhiculer et pérenniser leurs doctrines. S’enrichir avec un porte-monnaie magique, relayer des messages religieux en espérant un miracle, tout passe au gré des inspirations. Découvrez comment en Afrique, les réseaux ont amplifié la propagande religieuse.

C’est l’heure des réseaux sociaux et ça ne se dispute pas. 24 h/ 24, tous les jours de la semaine, des messages religieux inondent la toile. Cela est devenu une manière pour les chrétiens de partager la Parole de Dieu avec les internautes. Sur des réseaux sociaux comme Facebook, certaines personnes sont en passe de devenir des influenceurs. Elles ne parlent que du Christ, de Dieu et les valeurs qui font la chrétienté. Elles y partagent aussi les bonnes attitudes pour vivre pleinement sa foi et espérer un jour voir le Paradis tant rêvé. Basé en Côte d’Ivoire, le jeune Duvernet Lath Mel voit tout cela d’un bon œil puisqu’il le fait aussi. Il pense que cette pratique rapproche encore plus les fidèles de la foi. Par exemple, pour une campagne d’évangélisation se déroulant en un endroit donnée peut être suivie en temps réels à travers les lives (directs) via les réseaux sociaux.  « Les réseaux sociaux nous permettent de propager l’Evangile et de toucher un maximum de personnes », se réjouit-il.

Mais à côté, il y aussi d’autres personnes qui évoluent dans leurs coins. Ils se disent marabouts, féticheurs et proposent des offres très alléchantes. Mariage, voyage, amour argent, ils vantent les mérites de leurs produits et services comme des solutions incontournables pour venir à bout de ces milliers de problèmes qui hantent la vie des Hommes. Ils vont plus loin en mettant à contribution les outils marketing digital en payant Google pour diffuser leurs publicités avec Google Adsense sur des sites. Au fil du temps, ils gagnent du terrain et vont même jusqu’à prendre d’assaut les groupes Facebook et WhatsApp. Sur le continent, le fléau en vogue est celui des  porte-monnaies magiques qui selon ses concepteurs peuvent se remplir d’argent en un clin d’œil. Visiblement, ils n’ont pas droit de cité puisque nombreux sont ceux qui les critiquent puisque proposant des approches trop mirifiques pour être crédibles.

 

L’abus de toute chose est nuisible !

 

Une chose est de partager ce que l’on veut sur les réseaux, une autre est d’en mesurer la portée et tous les conséquences y afférentes en cas de problèmes. En termes simples, mettre de l’eau dans son vin pour garder ce lien social auquel ont pensé les créateurs de ces différents réseaux sociaux. L’abus de toute chose étant nuisible, certaines personnes n’ont pas hésité à en faire de trop. Et c’est là le bât blesse. Pour le journaliste togolais Mawuena Togbé d’une radio locale (Togo), relayer rien que des messages religieux  toute une journée durant ne saurait être salvateur. « Tout cela c’est de la poudre aux yeux. Cela n’a rien changé en qui que ce soit, ça endort au contraire. Au lieu de se lever et chercher à faire ou entretenir son travail, on passe toute la journée à attendre un miracle. Dieu aussi attend de nous. Mettons-nous au travail », nous confie t-il. Pour lui, point n’est besoin de partager ces messages. « Moi, je ne partage pas ces messages car ce n’est pas la solution à nos problèmes. Il nous faut un éveil de mentalité », poursuit-il.

L’abus peut donner aux autres l’idée d’être bourrés par des messages qu’ils ne souhaitaient peut-être pas recevoir. Cette situation peut altérer les relations interpersonnelles. « Je dirai que les réseaux sociaux sont devenus des outils d’intimidation et de violation des droits des internautes en ce sens que certains envoient des messages religieux et osent dire que quiconque ne les relaie pas sera maudit », s’offusque Essi Sylvie Améganvi, une jeune dame excellant dans la communication digitale. « Les marabouts ont pris d’assaut les réseaux ces derniers moments avec leur partage de services pour avoir l’argent,  le travail,  un foyer et tout l’or du monde.», avoue Sylvie.

Prince Tsagli, entrepreneur web estime que ces publications montrent à suffisance que l’heure des réseaux sociaux rime beaucoup plus avec stratégies digitales. Quoi qu’il en soit, chacun prêche d’abord pour sa paroisse. « Internet et les réseaux sociaux semblent d’ailleurs être devenus les nouveaux espaces d’évangélisation et de communication favoris des religions », indique cet entrepreneur.  Il utilise le terme Maraboutisme 2.0 pour désigner l’ingéniosité de ces personnes à chercher des clients sur Internet et Jesus 2.0 pour ceux qui vantent un peu trop les mérites de l’homme de Nazareth sur la toile.

 

La poire est coupée en deux,  chacun peut prendre sa partie.

 

 

 

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